

Alors que l'opinion se pose la question de savoir comment et pourquoi il y a eu l'accident du Boeing 727 de Hewa Bora Airways sur la piste de l'aéroport international de Kisangani, la Société nationale d'assurances -SONAS-, distrait tout le monde en introduisant le débat sur la souscription d'assurance. C'est comme si le fait de ne pas avoir assurer cet avion à la SONAS serait à l'origine de cet accident. Mais d'aucuns sont convaincus que la direction générale de la SONAS est en train de faire diversion pour cacher les problèmes de fond qui tenaillent cette société commerciale dont le personnel accumule plus d'une dizaine de mois d'arriérés des salaires.
Il est connu que, selon les recommandations de l'IATA et de l'OACI, toutes les compagnies aériennes ont l'obligation absolue au début de leurs activités de faire assurer leurs appareils. En RDC, l'assureur national, en perte de performance, éprouve déjà des difficultés à indemniser les souscripteurs de polices d'assurance automobile et il réassure ses clients du secteur de l'aviation dans des grandes sociétés d'assurances internationales et touchent au retour un pourcentage sur la transaction. Etant économiquement incapable d'assurer des avions, la SONAS recourt de ce fait à ces grandes sociétés en agissant en courtier plus d'une cinquantaine, d'années après l'accession du pays à l'indépendance. Et cet état stationnaire de la SONAS est redevable aux mandataires qui ont et continuent encore à la gérer en se contentant des faveurs offertes par sa situation de monopole et de l'obligation imposée par l'Etat à la souscription des assurances.
On indique que la Présidence de la République avait fait assurer l'avion présidentiel à la SONAS sous le mandat du comité de direction actuel. 920 mille Euros ont été versés pour cela. A son tour, la SONAS devait réassurer cet avion dans une société internationale d'assurance et se contenter de la prime que cette société devait lui réserver pour cette commission. Selon des indiscrétions, il s'est passé que la SONAS a tripoté cet argent et l'affaire a dû être étouffée pour éviter le scandale. L'on se rappelle que plusieurs compagnies aériennes congolaises n'ont jamais été inspirées d'assurer leurs avions à la SONAS qui n'offre aucune garantie. La preuve, même l'ONU n'a pas confiance en la capacité de la SONAS à honorer ses engagements. Elle a fait assurer toute sa flotte aérienne et son charroi automobile déployés en RDC au Kenya où elle a estimé qu'il y a du sérieux. Et c'est non sans raison !
Pour les observateurs, la direction générale de la SONAS s'est trompée du moment en engageant ce débat. Elle qui est incapable de payer les sinistres automobiles et même son personnel depuis le départ, de la manière que l'on connaît, de son ancien gestionnaire, Herman Mbonyo. Excepté sans fulgurance et son outrecuidance, l'opinion s'accorde à dire que ce mandataire a révélé l'existence de la SONAS qui était entrée dans le processus de la disparition. Malheureusement, ses successeurs au nombre desquels l'actuel gestionnaire semblent ne pas être à la hauteur de la tâche.
LF
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