Viols massifs en RDC, le Bureau des Nations Unies porte de graves accusations sur des éléments des Forces armées dela République démocratique du Congo (FARDC), précisément dans les villages de Bushani et de Kalambahiro, au Nord Kivu.
Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme (BCNUDH) porte de graves accusations sur des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à la suite de la publication le week-end dernier de son rapport concernant les violations des droits de l'homme et viols massifs perpétrés du 31 décembre 2010 au 1er janvier 2011 contre des habitants des villages de Bushani et de Kalambahiro, dans la province du Nord Kivu.
Au terme des enquêtes menées sur ces violations, notamment au cours des missions effectuées à Bushani et Kalambahiro du 17 au 19 janvier et du 2 au 4 février 2011, le BCNUDH affirme être en mesure de conclure que des hommes en uniforme identifiés par différentes sources comme des militaires des FARDC y ont commis des violations graves des droits de l'homme contre les civils.
Sur base des informations recueillies, le rapport avance qu'au moins 47 femmes, dont une mineure, ont été victimes des violences sexuelles, y compris des viols, au cours des attaques de ces deux villages du territoire de Masisi. Les assaillants ne se sont pas arrêtés là, ils ont pillé au moins 100 maisons et 3 bâtiments publics, mais également détruit ou incendié 4 autres habitations. Deux civils ont été enlevés et 12 autres soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Un détail important relève le rapport, " aucune victime, témoin ou autre source interviewée n'a été toute fois en mesure d'identifier spécifiquement le bataillon des FARDC ayant participé à l'attaque, notamment en raison de l'absence d'identification sur les uniformes.
De même, il a été découvert des emballages des rations fournies par la Mission de l'organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) à des bataillons des FARDC, soutenus dans le cadre de l'opération militaire contre des groupes armés résiduels " Hatua Yamana " conformément à la politique de conditionnalité, à Bushani peu après les faits déplorés. " L'équipe ( des enquêteurs, NDR) n'est toutefois pas en mesure de confirmer à ce jour, l'implication d'un bataillon soutenu par la Monusco car, elle n'a pas obtenu notamment des FARDC, l'ensemble des informations nécessaires afin de déterminer le bataillon dont relevaient les militaires impliqués dans ces violations ", poursuit le BCNUDH.
Collaboration limitée FARDC et la justice militaire
Tout en déplorant les exactions commises contre des habitants de Bushani et de Kalambahiro, le BCNUDH a fustigé la collaboration limitée entre les FARDC et la justice militaire, estimant qu'elle entrave les efforts déployés dans le cadre de la lutte contre l'impunité à l'égard de violations graves des droits de l'homme, notamment des violences sexuelles. Car, après que ces faits aient été commis, une information judiciaire a été ouverte le 13 janvier 2011 par les services de l'auditeur militaire près la cour militaire opérationnelle (CMO) du Nord Kivu, suivie d'une réquisition émise le 10 février 2011 par la même autorité pour demander la mise à disposition notamment des commandants des bataillons des FARDC qui ont fait mouvement dans les villages attaqués, ce n'est qu'à partir de la fin du mois de mars 2011 que ces officiers ont été entendus par la justice militaire dans le cadre de ce dossier.Par ailleurs, le BCNUDH exprime sa préoccupation par rapport aux menaces des représailles subies par des habitants de ces deux villages attaqués, auraient fait l'objet suite à la dénonciation des violations dont ils auraient été victimes. D'autant plus que, plusieurs fois après ces faits, ils continuent à vivre dans l'insécurité et sont réfugiés dans la forêt ou localités voisines.
Selon le rapport du BCNUDH, plus ou moins 100 hommes en uniforme identifiés par différentes sources comme des militaires FARDC, ont encerclé et envahi progressivement Bushani le 31 décembre 2010 dans l'après-midi, sous prétexte que ses habitants y cachaient des rebelles et des armes. Alors qu'ils s'affairaient aux préparatifs de célébration de la Saint Sylvestre.
Pour conclure, le BCNUDH a adressé quelques recommandations aux autorités congolaises, notamment qu'elles puissent prendre des mesures nécessaires afin d'assumer les responsabilités qui leur incombent au premier chef, consistant à assurer le protection des civils à travers tout le territoire de la RDC ; de prendre toutes les mesures afin de prévenir tout acte de représailles par les auteurs présumés des violations commises à l'encontre des habitants de Bushani et Kalambahiro, de poursuivre leur collaboration avec l'auditeur militaire près la cour militaire opérationnelle (CMO) au Nord Kivu afin que tous les auteurs présumés des attaques de Bushani et de Kalambahiro soient poursuivis et traduits en justice, de prendre en charge sur le plan matériel et médical les populations victimes appauvries, de doter les éléments des FARDC d'un uniforme comportant le nom de l'individu et indiquant son unité de rattachement…
Des recommandations
A la Monusco, il lui est recommandé d'assurer la mise en œuvre de nouvelles mesures concernant la distribution des rations alimentaires aux FARDC afin de veiller à un meilleur suivi de l'appui aux éléments de l'armée nationale dans le cadre d'opérations conjointes ; de poursuivre son plaidoyer auprès du commandement de l'opération Amani leo au Nord Kivu afin que les enquêtes aboutissent à l'identification des bataillons des FARDC auteurs présumés des attaques de Bushani et de Kalambahiro et d'apporter le soutien nécessaire aux autorités congolaises dans le cadre de la protection des civils à Bushina et à Kalambahiro suite aux menaces des représailles dont ils ont été l'objet.Quant aux partenaires humanitaires, il leur est recommandé de prévoir une assistance médicale et sociale adéquate pour toutes les victimes des violences sexuelles, notamment des tests de dépistage des maladies sexuellement transmissibles, ainsi que des programmes visant à lutter contre leur stigmatisation et veiller à leur réinsertion. De même, une assistance humanitaire et légale aux victimes de violations des droits de l'homme commises dans les deux villages serait souhaitable.
Dovin Ntelolo Diasonga
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